
C’est par le train que nous avons décidé de rejoindre Chiang Mai, au nord du pays et le moins que l’on puisse dire, c’est que le trajet s’annonce… long, très long.
Nous sommes le 17 octobre 2017, il est 18h10 à Bangkok quand on embarque pour 14 heures (oui c’est la durée du voyage) en train couchette (class II Sleeper Ac très exactement).
Le but, c’est d’économiser une nuit d’hôtel tout en nous déplaçant pendant que l’on dort !
Nous ne savions pas tellement à quoi nous attendre. Et je peux vous dire que nous avons été… agréablement surprises. Le confort était quand même au rendez-vous ! Nous avons acheté de quoi manger dans le wagon restaurant et sommes fin prêtes à aller dormir.

A la nuit tombée, des employés de la compagnie ferroviaire sont venus installer chaque couchette une par une et faire les lits avec des draps et coussins propres et bien emballés. Un rideau individuel permet à chacun de conserver son intimité et de se créer son petit cocon. On a même une prise individuelle pour charger nos téléphones ! Par la fenêtre, nous sommes interloquées par la proximité des maisons ou plutôt des cabanes, au vu de la simplicité des habitations, avec les rails et le train. Seulement quelques centimètres nous séparent, nous n’avions jamais vu ça avant. Je n’ai pas pris de photo car il faisait nuit déjà et puis nous étions en mouvement.
Après ce long voyage, c’est en taxi que nous rejoignons notre hôtel, The Rim Resort Hotel, où nous resterons 3 nuits. Il se situe dans la vieille ville de Chiang Mai, idéal pour visiter à pied.

Coup de cœur immédiat pour cet hôtel, très intimiste, sobre et tourné vers la nature. On pose nos affaires et on profite de la chambre pour prendre une bonne douche.

Let’s go c’est parti pour une journée d’immersion à la découverte des temples emblématiques de la ville
Il est encore tôt le matin, nous commandons donc direct un taxi (ici, il n’y a pas de Grab, le Uber asiatique) pour partir à l’assaut des temples de Chiang Mai. On en sélectionne 3, ce qui est peu puisque la ville en compte… plus de 300 !
On commence par le célèbre temple de Wat Phrathat Doi Suthep à une quinzaine de km de Chiang Mai
Fondé aux alentours de 1383, il n’était composé, au départ, que d’un seul chedi, (cette structure religieuse pointant vers le ciel), puis il s’est développé au fil des siècles pour y inclure de plus en plus de sanctuaires. Son nom est en référence à la montagne sur lequel il se trouve : Suthep (Doi signifiant Montagne).
Après environ 30 min de route, nous arrivons au sommet de Doi Suthep. La visite commence par un arrêt à la découverte d’un petit temple extérieur, un véritable havre de paix, où nous avons la chance d’être quasiment seules. Nous profitons de ce moment de quiétude pour nous ressourcer après notre long voyage depuis Bangkok et pour nous imprégner de l’ambiance mystique et apaisante du lieu.
Puis nous partons en direction de l’entrée du Wat Phrathat Doi Suthep, avant que la foule ne nous rejoigne.

Nous voilà face à l’escalier et découvrons ses immenses rampes, ornées de 2 nagas – ces serpents mythiques, aux multiples pouvoirs. Les touristes sont beaucoup plus nombreux ici, comme on s’en doutait.
Des petites filles habillées en tenue traditionnelle se tiennent au pied de l’escalier. Elles représentant un ethnie du nord de la Thaïlande, appelée Akha Hill (en référence à leur langue originaire du Laos et de la Birmanie, 2 pays frontaliers). On repassera pour le côté authentique car elles réclament de l’argent… mais nous avons passé un bon moment avec elles.

Nous gravissons les 300 marches qui mènent à l’entrée du temple, où nous sommes invitées à payer un droit d’entrée (environ 30 bahts soit 0,80 €).
Ce temple est très important et vénéré par les Thaïlandais car il est bâti sur une légende, celle de l’éléphant blanc.
En résumé, c’est ici que le fameux éléphant blanc aurait rendu son dernier souffle, après avoir, à la demande du roi Nu Naone (du Royaume de Lanna), transporté sur son dos la relique d’un fragment d’os considéré comme l’épaule de Bouddha. Cet os avait des pouvoirs magiques, il pouvait rougir, disparaitre ou se démultiplier ! Il existerait un deuxième morceau d’os, enchassé dans un temple au nord de la Thaïlande.


Le petit plus de ce temple, c’est qu’il offre une vue imprenable sur Chiang Mai !

Ici, comme vous pouvez le voir sur les photos , on mesure l’importance immense qui est donnée à l’éléphant, que l’on retrouve un peu partout, autant dans les structures du temple, sur les poutres ou à l’extérieur !

Nous poursuivons la visite et arrivons au fameux Chedi doré, entouré de statues de Bouddha. C’est le lieu le plus sacré du temple, où de nombreux moines Bouddhistes et Hindouistes viennent se recueillir.


Après avoir exploré tous les recoins du temple, le taxi nous ramène à l’hôtel. Nous prenons un déjeuner sur le pouce et décidons de repartir très vite pour découvrir 2 autres temples mythiques mais à pied cette fois. Le temps passe trop vite on ne veut vraiment pas perdre une minute d’autant que nos 2 jours restant à Chiang Mai, nous allons faire des excursions et n’aurons plus le temps de visiter.
Direction un autre temple incontournable de Chiang Mai : le Wat Phra Singh Woramahawihan – à seulement 5 minutes de notre hôtel à pied
Ce temple abrite le Phra Phuttha Sihing, seconde statue de Bouddha la plus sacrée de toute la Thaïlande, juste après celle du Bouddha d’émeraude – qui aurait d’ailleurs été abritée ici, avant de partir pour Bangkok.
Chaque année, le Phra Phuttha Sihing, est transporté à travers toute la ville de Chiang Mai lors de la fête de Songkran, pour la fin d’année Thaïlandaise. Lors de cette procession religieuse, les fidèles lui rendent hommage en lui jetant de l’eau ! L’entrée est gratuite (puis 20 bahts par personne pour accéder au viharn principal c’est-à-dire au monastère).

Revenons sur l’histoire de ce temple emblématique. Il fut construit en 1345 à l’initiative du roi Phayu, qui souhaitait y faire reposer les cendres de son défunt père, le roi Kham Fu.
Quelques années après, en 1367 la fameuse statue de Bouddha venait intégrer le temple et lui donner ainsi son nom de Wat Phra Singh. Elle aurait traversé plusieurs régions asiatiques allant du Ceylan (le Sri Lanka d’aujourd’hui), jusqu’à Ayutthaya près de Bangkok.
Après l’invasion des Birmans dans les années 1580, le temple s’était fortement dégradé, jusqu’à devenir quasiment une ruine. Vers 1780, d’importants travaux ont permis sa restauration et son agrandissement, avec la construction notamment d’un chedi (architecture en forme de pointe) et d’un ubosot (bâtiment principal du temple).

Depuis les années 1920, le temple n’a cessé d’être restauré et agrandi. Il demeure, aujourd’hui encore, l’un des temples les plus importants et vénérés de Chiang Mai. D’ailleurs, environ 700 moines vivent ici ! Beaucoup parlent bien Anglais et sont heureux de raconter l’histoire du temple aux touristes qu’ils croisent. Nous n’avons pas eu cette chance mais en avons effectivement croisé.
Et la particularité de ce temple justement, c’est qu’il abrite des moines en cire plus vrais que nature ! Nous sommes à la fois effrayées et impressionnées, tellement on s’y méprendrait.

Malgré la chaleur, nous avons passé presque une heure ici, à admirer les détails de ce temple, vraiment original.

Ci-dessous à gauche, la statue de Kruba Srivichai, le « moine ingénieur » un peu rebelle et apparemment doté de pouvoirs miraculeux qui avait entrepris d’importants travaux dans le temple dans les années 1920, avec l’aide des anges – disait-on – grâce auxquels les ouvriers auraient trouvé des pots remplis d’or… D’autres disent qu’il aurait permis aux ouvriers de ne souffrir ni de la chaleur ni de l’humidité, même si le moine niait avoir des pouvoirs. Pour information, on retrouve une statue à son effigie également au temple visité ce matin, le Wat Phrathat Doi Suthep.
Et ci-dessous à droite la bibliothèque d’écritures Ho Trai – c’est comme cela qu’on appelle une bibliothèque de temple bouddhiste.

Ce temple est tellement important qu’il a reçu le statut de temple royal de premier ordre en 1935. Aucune idée de ce que ça signifie mais ça a l’air important :-p !
Et enfin direction le temple de Wat Chiang Man, aussi appelé Wat Chiang Mun
La fatigue commence à se faire sérieusement sentir. Le soleil décline tout doucement lorsque nous arrivons à notre dernière visite de la journée. Nous avons choisi de visiter ce temple pour son côté original et très ancien. En effet, il aurait été construit en 1296 par le roi Mengrai, fondateur de Chiang Mai. C’est le temple le plus ancien de la ville.
L’entrée est gratuite et attention, l’usubot (le lieu consacré à l’ordination des moines) est interdit aux femmes, d’où son nom – Man signifiant homme en Anglais (je précise pour les non anglophiles).
La structure du temple la plus ancienne et la plus impressionnante est celle que l’on appelle le Elephant chedi, en référence aux 15 bustes d’éléphants, qui semblent porter les étages supérieurs du chedi sur leur dos (à gauche sur la photo ci-dessous).

Il y a également 2 monastères de style Lanna, c’est comme cela que l’on appelle la culture datant du XIIIème siècle, époque où le royaume du roi Mengrai avait son autonomie, avant l’occupation Birmane et du Royaume de Siam (l’ex Thaïlande). On retrouve beaucoup de bois et de dorures dans l’architecture Lanna.
De cette culture Lanna reste encore la traditionnelle envolée des lanternes de Chiang Mai, qui a lieu chaque année au festival Yee Peng, généralement à la mi-novembre, pour célébrer la fin de la mousson. L’événement est célèbre dans le monde entier, je suis sure que vous en avez déjà entendu parler !

Le plus petit des temples abrite ici 2 statues très précieuses de Bouddha : Phra Sila (en marbre) et Phra Satang Man (Bouddha de cristal).

La nuit va bientôt tomber, nous décidons de rentrer. Sur le chemin, nous avons été gâtées par le ciel dont les teintes sont devenues oranges et roses. En plus, nous devons absolument réserver notre excursion du lendemain et comptons sur l’hôtel pour nous conseiller.

On en rêve depuis que l’on a posé nos petits petons en Thaïlande : demain nous voulons voir des éléphants et si possible passer toute une journée avec eux !
Nous voulions absolument recourir à un sanctuaire. Surtout, fuir à tout prix les compagnies qui proposent de monter sur le dos des pachydermes, d’abord parce que c’est un véritable supplice pour l’animal et aussi parce qu’il subit des maltraitances pour pouvoir éviter qu’il ne fasse tomber les touristes.
Nous avions aussi entendu beaucoup de mal des usines à touristes et des soi-disant sanctuaires qui malmènent les éléphants dans la réalité, dès que les touristes sont partis. Difficile de s’y retrouver et de savoir où aller.
Nous avions choisi celui qui avait les meilleurs avis à ce moment là : Elephant Nature Park, mais on nous annonce qu’il n’y a plus de place, il aurait fallu réserver des semaines, voire des mois à l’avance !
L’hôtel nous conseille un autre sanctuaire, le Elephant Jungle Sanctuary. Nous avons le sentiment que nous nous apprêtons à visiter un sanctuaire (comme son nom l’indique), qui respecte les animaux et leur vient en aide. Nous réservons donc une journée complète, pour demain. La navette aller-retour et le repas du midi sont compris dans le tarif de 60 euros par personne.
Nous avons ensuite diné pas loin à l’hôtel. Il est vraiment temps d’aller dormir, des étoiles plein les yeux pour demain.
C’est parti pour passer une journée entière avec les éléphants du nord
Après une courte nuit et de bon matin, nous sommes les premières à monter dans le mini bus, tout ouvert. L’aventure commence, direction la jungle (JEUNGEUL, en Anglais), please !
Le voyage d’environ 1h30 nous semble plus long que prévu : il fallait récupérer plusieurs personnes dans différents hôtels, pour compléter le groupe. Sur la fin du trajet à l’approche de la fameuse jungle, le chemin est particulièrement cabossé et le minibus bouge dans tous les sens, glisse carrément parfois… On a bien cru qu’on n’arriverait pas au bout !
Tout à coup …notre cœur se met à battre à la chamade : on aperçoit les éléphants au loin. C’est la première fois de notre vie qu’on en voit ! Oh my god, la journée s’annonce riche en émotions !

Le groupe dans le minibus a l’air sympa, il y a plusieurs Français et nous sommes tous dans la même tranche d’âge.
Nous descendons et sur place, nous sommes invitées à enfiler les tenues prêtées par le sanctuaire, ce sont des vêtements qui visent à mettre les éléphants en confiance. Ensuite nous avons eu un briefing (en Anglais) sur les règles de sécurité mais aussi sur le mode de vie des éléphants.
Puis le moment tant attendu est arrivé : nous partons à la rencontre des fameux mastodontes. Munis de bananes et de cannes à sucre, nous sommes invitées à garder le silence et le calme, avant de prononcer, tous en chœur, un mot qu’ils reconnaissent pour les appeler.

C’est avec un peu d’appréhension qu’on les voit se rapprocher de nous, à toute vitesse.
Oh là là, ils sont énooooormes ! Ils pourraient facilement nous écraser avec une seule papatte !
La panique un peu passée, nous avons pu les nourrir et les toucher.

Ils ont des poils hyper durs au niveau de la tête, je n’avais jamais fait attention c’est rigolo. Des employés sont là pour assurer la sécurité des visiteurs et vérifier qu’aucun geste ne risque de les embêter.

On ne voit pas le temps passer, il est l’heure de déjeuner, à notre tour pour un buffet assez simple. Ensuite, nous avons préparé le repas des éléphants. Ils se nourrissent essentiellement de plantes, de fruits, d’herbe et d’écorces.
Après les avoir nourris, nous avons eu la chance de nous offrir un spa en plein air avec les éléphants. Oui oui, nous avons pris un bain de boue ensemble, avant de les accompagner dans la rivière pour se nettoyer. Apparemment ils adorent se rouler dans la boue, ça leur permet de moins souffrir de la chaleur. Un moment vraiment unique, qu’on adoré passer avec eux.


Nous avons passé une journée magique, je n’ai pas d’autre mot. Nous avons surtout aimé le fait de pouvoir avoir chacune un moment privilégié avec les éléphants, un peu en fonction du feeling qu’ils ont eux-mêmes avec les touristes. Nous étions heureuses de voir qu’ils n’avaient pas de chaînes aux pattes, comme cela pourrait être le cas dans d’autres sanctuaires. Il ne propose pas de balades sur le dos des éléphants et nous n’avons pas vu de bullhooks, ces sortes de bâtons à crochet utilisés pour dresser les éléphants. Ils semblaient libres et heureux. Bref, nous avons pris environ 72 000 photos.

Avec le recul, nous aurions préféré réserver à l’avance et visiter un VRAI refuge. Et même carrément, les voir dans leur environnement naturel, en Afrique par exemple !
En plus le sanctuaire a de mauvaises critiques, disant que les éléphants ne sont pas vraiment libres ni aussi bien traités qu’on ne le pensait…


Malgré tout, le souvenir de cette journée restera pour toujours dans nos mémoires, comme l’une des plus belles de nos vies.
Après toutes ces émotions, nous nous sommes offert une soirée insolite avec les amis rencontrés au sanctuaire
Ils nous ont donné rendez-vous pour la soirée et quelle soirée… nous avons assisté ce soir à un spectacle de LadyBoys au cabaret de Chiang Mai.
Il s’agit de représentations de chant et de danse, interprétées par des travestis, généralement des hommes devenus femmes. L’ambiance était vraiment incroyable et la salle totalement bondée ! Ici les Ladyboys (de l’Anglais fille-garçon), aussi appelés Katoï, font partie de la culture. La Thaïlande est le pays qui en compte le plus grand nombre, notamment car ils sont globalement bien acceptés, autant dans les familles que dans le monde du travail.

Comme presque à chaque repas depuis notre arrivée en Thaïlande, ce sera Pad Thai au menu et visite du marché nocturne pour le diner.
On termine ce séjour au nord de la Thaïlande par une journée au triangle d’or – de Chiang Rai jusqu’à la frontière de la Birmanie et du Laos
Après cette soirée de folie, départ tôt le matin (eh oui, encore), direction Chiang Rai à environ 4h de route.
La journée commence par la visite du temple blanc : le Wat Rong Khun – édifice aussi féérique qu’étonnant – qui ne sera terminé qu’en l’an 2070
Sous une chaleur écrasante, nous arrivons face au temple d’une blancheur immaculée – presque éblouissante – symbole de pureté et d’harmonie pour les Bouddhistes.

C’est un artiste Thaïlandais, Chalermchai Kositpipat, originaire de la ville, qui décida en 1997 de faire construire cet édifice entièrement à ses frais, à l’emplacement d’un temple qui tombait en ruines à une dizaine de kilomètres du centre-ville. Il l’a dédié au roi Rama IX et à sa ville natale de Chiang Rai. L’artiste voulait, par la même occasion, faire de cette ville, à l’époque haut lieu de trafic de drogues, une nouvelle étape touristique à la mode. Et il semble que le pari, pour lequel il a investi tout de même plus d’un million d’euros, soit bel et bien gagné ! Ce temple compte pas moins de 9 bâtiments avec une galerie d’art où l’on peut acheter des œuvres, pour financer les travaux.

Comme vous pouvez le voir à notre arrivée, une partie du temple était en rénovation, suite au tremblement de terre de 2014. Mais on pouvait tout de même le visiter, ouf !
Pour arriver à l’intérieur et atteindre la porte du ciel, il faut traverser un pont sous lequel se dressent des centaines mains levées, qui semblent vouloir nous attraper et nous attirer. On dit que celui qui tomberait dans cet enfer serait immédiatement transformé en pierre, comme tous ces touristes, pris au piège après avoir cédé à la tentation, au désir et à la cupidité. Ok c’est un peu flippant tout ça.

A l’entrée de la porte du ciel se trouvent 2 créatures (celle de la mort et celle du Rahu), ce sont elles qui décident du sort des humains. Aucune pression.

La représentation de Bouddha en position de méditation est omniprésente sur le site mais la grande originalité de ce temple c’est qu’il mélange représentation religieuse et modernité avec fiction à travers des représentations de Harry Potter ou Hello Kitty. Légèrement …loufoque.

Le grand bâtiment doré (celui des wc, donc) représente le corps (c’est pragmatique ein) alors que le bâtiment blanc représente l’esprit. Le doré est associé à l’image du superficiel (l’argent et le popo apparemment), le blanc, à l’inverse, est la pureté et la vertu.
En quelques mots, l’artiste a voulu montrer, à travers son œuvre, que notre monde est dangereux et bordé d’illusions et qu’il faut traverser la vie en essayant de ne pas céder aux tentations, pour accéder à la lumière et à la pureté.

Même si ce temple est récent, il vaut vraiment le détour pour son coté original, féérique et un peu perché.
Puis nous partons à la découverte de la « tribu des longs-cous » ou femmes girafes
A une trentaine de minutes de route en direction du nord, nous arrivons au Longneck Karen Village. Il doit son nom au peuple Karen, une minorité ethnique qui tire ses origines au Tibet et au désert du Gobi, un désert qui s’étend du nord de la Chine au sud de la Mongolie, pour s’établir surtout au Myanmar (ex Birmanie), vers la frontière Thaïlandaise.
Cette ethnie est célèbre pour une raison étonnante : les femmes Karens ont un cou beaucoup plus long que la normale. On les surnomme d’ailleurs les « femmes girafes ».

Si certains Karens sont restés en Birmanie, beaucoup ont dû quitter le pays et traverser la frontière thaïlandaise pour fuir de graves instabilités politiques et militaires. Certains ont renoncé à leurs traditions pour devenir plus « occidentaux » mais on dit qu’il resterait plus de 100 000 Karens aujourd’hui en Thaïlande.
Comment expliquer la différence physique de ces femmes? Y a t-il une explication naturelle ?
Leur cou est distendu oui, mais c’est à cause d’un collier traditionnel, composé de lourds anneaux spirales en laiton, qu’elles portent tout au long de leur vie et ce, dès l’âge de 5 ans. Elles ne le retirent pour ainsi dire jamais, sauf pour le remplacer, afin qu’il devienne de plus en plus long au fur et à mesure qu’elles avancent en âge.

Contrairement à la croyance collective, ce n’est pas leur cou qui s’allonge mais leurs côtes et leurs épaules qui se tassent et finissent par pencher vers le bas, ce qui fait que le collier doit être allongé toujours plus, pour cacher à nouveau entièrement le cou. A savoir qu’en plus de leur collier, elles doivent porter des spirales le long de leurs avant-bras et des jambes.
On ne connait pas aujourd’hui l’origine précise de cette tradition mais parmi les hypothèses, on dit que le collier permettrait de rebuter les hommes d’autres tribus – pour éviter qu’ils n’essayent de les convoiter – ou pour se protéger des morsures de tigres.
De quoi vivent traditionnellement les Karens?

Au quotidien pour survivre, pendant que les hommes s’attèlent aux activités agricoles (culture de riz etc), les femmes elles, sont chargées des activités ménagères et d’artisanat (tissage, sculpture du bois etc), caractérisées par des couleurs très vives, avec beaucoup de rayures et de rose.
Il existe plusieurs sous-groupes de Karens : les Pwo Karens (principalement cultivateurs de riz), les Sgaw Karen venus de la montagne, et les Kayahs (aussi appelés Karennis), les Pa-Os ou encore les Kayans (aussi appelés Padaungs).
La rencontre avec ce peuple est très controversée !
En effet, le gouvernement thaïlandais souhaiterait que les Karens s’adaptent d’avantage à la culture occidentale.
Beaucoup ont par ailleurs évoqué les villages Karens comme étant des « zoos humains », à cause du côté voyeuriste du tourisme de tribu.
C’est pourquoi nous avons longuement hésité avant de visiter ce type de village. Malgré la polémique, nous voulions voir de nos propres yeux la réalité sur place, pour connaitre leurs traditions et les inciter à les perpétuer. A l’inverse nous avions peur qu’il s’agisse d’un faux village, reconstitué pour les touristes et avec des genres d’actrices.

Conclusion : nous avons rencontré des femmes Karens qui semblaient fières de nous montrer leur artisanat.

Nous restons cependant mitigées entre la rencontre hors du temps et le côté organisé de la visite. Nous doutons que ces femmes vivent réellement ici. D’ailleurs, si l’habit traditionnel est porté face au public, nous avons remarqué que certaines femmes portaient des vêtements occidentaux et parfois, pas de collier. Nous avons fait un don, mais avons peur qu’il ne leur soit pas reversé directement.
Alors disons qu’il ne faut pas s’attendre à visiter un vrai village Karen mais plutôt à une reconstitution de village Karen permettant de perpétuer et faire connaitre la culture Karen. Et finalement c’est pas plus mal si ça évite leur disparition à cause du tourisme.
Il faut savoir que l’entrée au village est payante (300 à 500 bahts environ par personne) et que vous serez invités à acheter des tissus et autres souvenirs du camp, sans obligation évidemment.

Puis visite du triangle d’or
Nous terminons notre journée par une croisière sur le fleuve du Mékong, au coeur du triangle d’or, la région d’Asie du Sud-Est où 3 frontières se rencontrent : Thaïlande, Birmanie et Laos
Jadis et encore jusque dans les années 1920, le triangle d’or était une plaque tournante majeure du trafic international d’opium, qui fournissait environ 70 % du trafic mondial, l’essentiel étant transformé en héroïne.
C’était aussi un lieu de vie pour diverses minorités ethniques, dont certaines vivaient de la culture du pavot et de l’opium, qu’elles employaient pour des raisons médicinales, au départ. Un kilo d’opium pouvait se revendre contre 1 kg d’or !
Sous la pression (entre autres) de la Chine, la culture de l’opium a été abandonnée et même interdite et réprimée en Thaïlande, au profit de celle du thé et surtout par le tourisme.
Bref; nous voilà à bord du bateau, à l’assaut du fameux fleuve du Mékong !

Sur le trajet, nous avons pu observer l’immense Bouddha Phra Chiang Saen Sii Pandin qui siège sur un bateau et domine le Parc du Triangle (Ban Sop Ruak), avec un point de vue qui permet d’observer la rencontre entre la rivière Ruak et le Mékong mais surtout les 3 frontières.

Il y a également un temple et un musée de l’Opium à visiter, mais nous n’avons pas eu le temps de les visiter.

Puis nous nous arrêtons pour une heure à Donsao, une île qui appartient au Laos et que nous pouvons visiter sans visa.

Nous avons seulement eu le temps d’acheter quelques souvenirs. Et de voir certaines spécialités vraiment… étranges, à base d’insectes et reptiles ou de regarder les enfants de l’ile s’amuser dans le fleuve boueux. Il est déjà l’heure de repartir, direction la frontière du Myanmar (Birmanie). Malheureusement, c’est seulement de loin que nous verrons ce 3ème pays, puisqu’il faut un visa pour entrer. Ce sera pour une prochaine fois.

Après cette longue journée remplie de découvertes et d’émotions, nous rentrons à l’hôtel, demain à l’aube (encore et toujours), direction une autre région de la Thaïlande, Krabi, au sud. Place au farniente et à la plage ! Et on en a bien besoin ! Vous pouvez retrouver la suite des aventures ici.
Bilan de ces quelques jours au Nord
Ce que nous avons aimé :
- Nous avons beaucoup aimé le fait d’être logées vers la vieille ville et dans un hôtel intimiste.
- Les temples étaient grandioses, une fois encore.
- Mais notre moment préféré restera bien sur la journée passée avec les éléphants, elle sera gravée dans nos cœurs pour toujours. A refaire par contre, nous aurions choisi un refuge d’éléphants plutôt qu’un sanctuaire mais vous le savez déjà.
Ce que nous avons moins aimé :
- Les déplacements nous ont semblé plus compliqués qu’à Bangkok, ce qui est normal puisque c’est une ville plus petite et moins urbaine.
- Nous avons eu le sentiment de manquer de temps sur place et d’avoir loupé de nombreux temples incontournables. Chaque temple est unique ici et raconte une histoire. Même s’il serait difficile de tous les voir, nous aurions aimé voir le temple d’argent à Chiang Mai (Silver Temple) ou bien le temple bleu de Chiang Rai. Mais il aurait fallu rester plusieurs semaines voire plusieurs mois de toute évidence car nous n’avons même pas pu profiter de la piscine de l’hôtel tellement nous avons été occupées. Nous aurions adoré participer aussi à la traditionnelle fête des lanternes qui a lieu chaque année à la 12ème pleine lune. Nous n’étions pas tombées au bon moment dans le calendrier.
Le conseil de la twin voyageuse :
- Si vous venez à Chiang Mai et souhaitez rencontrer des éléphants, choisissez un tour approuvé par la World Animal Protection, afin d’éviter les arnaques. Et contactez l’établissement à l’avance pour vous assurer qu’il reste des places et réservez à l’avance si possible.

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